Punaise de lit – comment s’en débarrasser sans s’intoxiquer ?


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Les punaises de lit sont des insectes hématophages (qui se nourrissent de sang) vivant aux côtés de l’homme depuis des milliers d’années comme le démontre la présence de spécimens dans certaines tombes égyptiennes datant de 3550 ans. Les hôtes originels des punaises de lit seraient les chauves-souris avec lesquelles elles vivaient dans des grottes ; lorsque les premiers hommes se sont installés à l’entrée de ces cavernes, les punaises sont passées sur les humains. Il existe toujours en Europe des populations de punaises vivant dans des grottes en compagnie de chauves-souris. Parfaitement connu de nos parents ou grands parents avant la seconde guerre mondiale, cet insecte, Cimex lectularius L. 1758, a disparu de notre vie quotidienne vers les années 1950, tout en se maintenant dans les pays pauvres. La nette amélioration de l’hygiène de notre habitat due à l’augmentation globale du niveau social et économique en est l’une des principales causes. Après guerre, l’utilisation du DDT, insecticide à forte rémanence et des traitements systématiques contre tous les nuisibles (cafards, mites…) ont certainement bloqué l’expansion des punaises de lit et réduit les populations. De nos jours, ces produits dangereux sont interdits pour la lutte contre les punaises. Depuis les années 1990, une recrudescence mondiale est observée dans de nombreux pays développés (Amérique du Nord, Europe, Australie, Nouvelle Zélande…). Des infestations de bâtiments entiers sont de plus en plus fréquemment décrites (logements collectifs, hôtels, maisons de retraites, hôpitaux…).

Les adultes de C. lectularius et C. hemipterus ont une taille comprise entre 4 et 7 mm et sont généralement bruns à beige, très plats dorso-ventralement, aux ailes atrophiées et proches de l’aspect d’un confetti. Pour un œil non averti, les 2 espèces sont très semblables.

Les deux sexes sont hématophages. Les punaises de lit sont des solénophages, c’est-à-dire que ces insectes introduisent à travers la peau des stylets mandibulaires et maxillaires très fins jusque dans la lumière d’un vaisseau sanguin. L’aspiration du sang est facilitée par une salive présentant des propriétés anticoagulantes. Le repas dure entre 10 et 20 minutes. Au repos, le rostre, appareil piqueur, est replié sous la tête et le thorax.

La punaise de lit est organisée en 3 parties : tête, thorax et abdomen. Une punaise de lit peut vivre sans repas jusqu’à 1 an et demi; voire 2 ans si les conditions sont favorables (température, abri…)

Les œufs sont émis 3 à 10 jours après la fécondation pour des températures comprises entre 14 et 27°C. Un repas sanguin est indispensable pour leur maturation (cycle gonotrophique). Mesurant environ 1 mm, blanchâtres, ils sont operculés et pondus isolés ou en petit amas de 5 à 15 unités. Une femelle pond 200 à 500 œufs dans sa vie.

Les jeunes ou immatures (ou nymphes suivant les auteurs anglophones) ont un développement en 5 stades avant de devenir adultes. Un repas sanguin est indispensable pour atteindre le stade supérieur, chaque stade durant de 3 à 15 jours. Ces jeunes sont de couleur claire (à jeun) ce qui les rend parfois peu visibles et difficiles à détecter en début d’infestation.

Les déjections des punaises sont surtout constituées de sang digéré. Elles sont noires et liquides lors de l’émission. Isolées, leur taille est de 1 à 3 mm et elles imprègnent le tissu. Sur des structures non absorbantes, elles forment un petit amas plus ou moins pâteux. Ces déjections émises en dehors des cachettes sont utiles pour repérer la présence de punaises. Elles sont utiles aussi aux punaises car elles contiennent des phéromones qui les guideront, une fois le repas de sang terminé, pour regagner ces cachettes. Le comportement d’agrégation des punaises est marqué ; il est important pour leur survie en aidant au maintien d’un bon taux d’humidité. Les longues traces de sang sur les draps sont dues à l’écrasement des punaises lors du sommeil du patient.

Adultes et jeunes sont surtout actifs la nuit et fuient toute lumière, qu’elle soit du jour ou artificielle ; ce qui ne facilite pas leur découverte. Leurs lieux de repos, de ponte et de copulation sont généralement difficiles d’accès : cordon de matelas, structure du lit, fente de bois, cadre de tableau, tringle à rideau… De cette difficile mise en évidence dépendra le succès de la lutte. Cet insecte est grégaire à tous les stades de développement. Le cycle de vie s’avère initialement assez long à se mettre en place mais après quelques semaines il engendre une importante descendance. C’est pendant cette période, le premier mois de la contamination en général, que les nuisances sont peu ou pas perçues par les habitants. Lorsque le lien est fait entre les piqûres durant le sommeil et les insectes enfin repérés, l’infestation peut être déjà très importante.

Les punaises de lit sont des insectes cosmopolites. Tous les niveaux de contamination ont été décrits : cas isolés, cas groupés, contamination totale d’un bâtiment, ou flambée épidémique dans une ville (ex : New York en 2009- 2010). Les cas sont principalement urbains. Cette expansion mondiale est due à deux types de déplacement de l’insecte, actif et passif. Localement, le déplacement actif de la punaise intervient pour la recherche d’un repas sanguin, de son lieu de vie vers son lieu de repas. Dégagement de gaz carbonique, chaleur et odeur sont les principaux critères attractifs. Quelques mètres ou dizaines de mètres peuvent être ainsi franchis. Pour de faibles infestations, cette distance est à peine de quelques mètres entre le dessous du matelas et le dessus du matelas, entre la structure du lit et le dessus de lit, entre le placard à linge et le lit… Pour de fortes infestations, les murs ou voies de communication entre appartements (gaine de dilatation des radiateurs de chauffage par exemple) peuvent être envahis au bout de plusieurs semaines. Après le repas sanguin, la punaise retourne dans un lieu de repos identique ou nouveau, pour digérer le repas de sang, changer de stade ou pondre. Une nouvelle cachette devient un nouveau lieu d’infestation (ourlet du pyjama, bagage, linge au pied du lit, cadre d’un tableau, commode…). Ce comportement explique le second mode de propagation : le transport passif. C’est l’homme qui va transporter, de façon fortuite, l’insecte vers un nouveau lieu de vie situé à quelques kilomètres ou milliers de kilomètres, lors d’un voyage, d’un déménagement, de l’introduction dans son domicile de vieux meubles, de livres ou d’objets d’occasion… Plus le nombre de personnes hébergées est important, plus le risque d’introduction de punaises est grand. Hôtels, trains de nuits, maisons de retraite, auberges de jeunesse, foyers d’hébergements, prisons… sont des lieux à fort risque de contamination par les punaises de lit. Un niveau social élevé n’est pas un gage de non-contamination. Les spécialistes et les sociétés de désinsectisation ont tous en mémoire des sites contaminés allant du plus luxueux au plus dégradé. Par contre une parfaite hygiène quotidienne du lieu associée à une volonté du propriétaire de lutter instantanément et activement contre cet insecte, sont des facteurs essentiels pour réduire et stopper la contamination et l’expansion de la nuisance à d’autres sites.

Et en France, quelle est la situation ? Un rapport de 2015 initié par le Centre National d’Expertise des Vecteurs (CNEV) montre que la répartition couvre tous les départements de la métropole. D’autres documents plus anciens le montraient également, avec des pics de densité pour les grandes villes. Ce rapport révèle que 87 % des Services Communaux d’Hygiène et de Santé (SCHS) ont déjà été sollicités pour des punaises de lit. S’agissant de la perception relative à la variation du nombre de sollicitations pour des situations d’infestations par des punaises de lit au cours des 5 dernières années, 74 % des SCHS ayant répondu estiment que le nombre de sollicitations a augmenté, 22 % que celui-ci est resté stable et 4 % qu’il a diminué. Pour les entreprises 3D (dératisation, désinfection, désinsectisation) ayant répondu, ces pourcentages sont respectivement 80 %, 18 % et 0 %.

Les conséquences des piqûres des punaises de lit peuvent être :
– des réactions allergiques à la salive des punaises inoculée lors des piqûres,
– une spoliation sanguine en cas d’infestation massive,
– des effets psychologiques.

Les punaises de lit sont principalement connues pour les atteintes dermatologiques et allergiques qu’elles occasionnent, allant de la simple piqûre à des manifestations généralisées pouvant s’apparenter à une urticaire. Elles sont sources d’anémie ferriprive en cas d’infestation sévère, et aussi de troubles psychologiques phobiques variés. Le risque de transmission d’agents pathogènes a été évoqué mais à ce jour, cette capacité reste une éventualité théorique, non démontrée hors du laboratoire.

Atteinte dermatologique:
La lésion cutanée la plus typique se présente sous forme de prurit érythé- mateux et maculo-papuleux de 5 mm à 2 cm de diamètre avec un point hémorragique central ou une vésicule similaire à toute piqûre d’arthropodes. Le prurit s’exprime généralement au matin avec une légère amélioration le soir. Mais cette présentation classique varie en réalité de l’asymptomatique ou prurit paucisymptomatique à un purpura avec lésions vésico-bulleuses. Certaines atteintes peuvent s’assimiler à une urticaire.

Le diagnostic clinique est rarement aisé et il n’existe pas de test biologique commercialisé pouvant orienter vers un diagnostic de piqûres dues à des punaises de lit. Seul un interrogatoire rigoureux du patient permet d’évoquer cet insecte. Le diagnostic de certitude ne pourra s’établir que par l’identification entomologique d’un spécimen apporté par le patient ou prélevé sur site par un entomologiste ou une société de désinsectisation. Cependant, sur les parties découvertes de la peau, les lésions se présentent parfois en ligne de 4 à 5 piqûres assez caractéristiques de cet insecte. Les piqûres de puces peuvent également présenter cet aspect en ligne, mais les lésions sont majoritairement localisées sur les jambes.

Risques infectieux:
Comme toute piqûre d’arthropodes, la surinfection bactérienne, notamment par grattage ne doit pas être négligée. En effet, par sa surface extérieure, une punaise de lit peut transporter de nombreux agents microbiens dont par exemple des staphylocoques dorés. Par contre, il n’a jamais été démontré que les punaises de lit étaient vectrices de bactéries, de parasites, de champignons ou de virus. Plus de 45 agents pathogènes ont été évoqués, avec dans certains cas des recherches pour tester la compétence vectorielle en laboratoire de Cimex lectularius vis-à-vis de l’agent pathogène étudié et la capacité vectorielle dans la nature. Sur le terrain, la punaise de lit n’a jamais démontré de capacité à transmettre des agents infectieux. Cependant, le risque vectoriel de la punaise de lit pour la maladie de Chagas due à Trypanosoma cruzi est à surveiller. En effet, la transmission à la souris de ce parasite a récemment été démontrée en laboratoire.

Effets psychologiques:
Les personnes qui résident dans un lieu infesté de punaises associent rapidement les moments de repos (sommeil, télévision, lecture) aux piqûres. Ces personnes sont alors fatiguées, irascibles et dans un état de stress qu’il est important de prendre en compte en même temps que la lutte. Une écoute de la personne, associée à des propositions simples et concrètes, sont des éléments-clés pour la réussite de la lutte.

Comment s’en débarrasser

La terre de diatomée présente une abrasivité fatale contre les punaises de lit et est sans danger pour les humains, et les animaux domestiques.

On peut remplir un couvercle de terre que l’on mettra sous les pieds de lit, créant ainsi une barrière naturelle. On peut aussi mettre un ruban adhésif autour des pieds et le saupoudrer de terre de diatomée. Repérer les trajets des punaises et les saupoudrer de terre de diatomée. On peux aussi en mettre par terre autour du lit, puis un coup d’aspirateur au bout de quelques jours.

Essayer de trouver les œufs et les larves et les pulvériser à la diatomée.

Tous ces traitements sont efficaces sur les jeunes et les adultes, et sont à renouveler pendant 3 à 4 semaines le temps que les œufs éclosent.

Il faut laver la literie en machine à plus de 60° ainsi que tout le linge utilisé dans le lit ou autour du lit. Si des tissus ne supportent pas les 60° vous pouvez les enfermer dans un sac plastique au congélateur à – 20° pendant 72 h.

Investir dans un nettoyeur vapeur, ou en louer un, sera le meilleur moyen de compléter l’action de la terre de diatomée. La vapeur à 100°C permet de tuer un grand nombre d’œufs, et offrira l’avantage d’une désinfection supplémentaire de votre literie (matelas, meubles, cadre du lit…).

Source: centre national d’expertise sur les vecteurs

Où trouver ce produit ?
Plusieurs marchands en proposent sur le net, un des meilleurs est la Ferme de Sauvegrain.
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